Château d'Asnières/Seine (Hauts-de-Seine)

Bâti de 1750 à 1752 pour Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson (1722-1782), marquis de Voyer, le château d'Asnières-sur-Seine est une des grandes réalisations architecturales des environs de Paris au milieu du XVIIIe siècle. En effet, le marquis fit appel aux artistes qui comptaient le plus aux yeux des amateurs du moment : Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, architecte du roi, Guillaume II Coustou, sculpteur du roi, Jean-Baptiste-Marie Pierre, peintre du roi, Jacques Caffiéri, orfèvre du roi, Nicolas Pineau et les Brunetti père et fils, sculpteur et peintres de l'Académie de Saint-Luc. Ce bâtiment couvert à l'italienne affectait un plan en Z qui n'était pas sans évoquer celui du Grand Trianon de Jules Hardouin-Mansart, aïeul de l'architecte.

Outre la qualité de ses artistes, alors tous employés sur de grands chantiers royaux, Asnières dut aussi sa réputation au luxe déployé dans les intérieurs, notamment celui du grand salon central, mais aussi à la qualité des collections qui se trouvaient dans la galerie. Le marquis de Voyer y exposait ses tableaux italiens, flamands et hollandais, ainsi que ses meubles Boulle, bronzes, porcelaines et céladons qui provenaient pour la plupart du fameux marchand mercier Lazare Duvaux, principal fournisseur de la Couronne et de la marquise de Pompadour.

Le domaine d'Asnières demeura aussi célèbre pour les splendides haras que le marquis de Voyer fit ériger en tant que directeur des haras du roi, de 1752 à 1755, à ses frais, près de l'actuel pont d'Asnières. Nanti d'écuries pour 250 chevaux et d'un manège plus vaste que celui de la Grande Ecurie du roi à Versailles, ce complexe était dénommé "entrepôt général des haras du roi". Le marquis centralisait là tous les étalons destinés aux différents haras du royaume. Cédés à Louis XV en 1764, les haras d'Asnières disparurent au début du XIXe siècle, victimes de la fameuse bande noire.

Le château fut réduit à la même époque au logis sur jardin que l'on voit actuellement et qui a été totalement rénové de 1994 à 2014. Propriété de la ville d'Asnières, il est le dernier château subsitant des bords de Seine près de Paris.