Billets 2021

Avant-première publications 2021

En ces temps de partage mais aussi d’incertitude grandissante face à l’avenir (covid-19 et ses variants récurrents, etc), à l’heure où les ouvrages d’art sont souvent difficiles à monter, nous avons souhaité profiter de cette période des fêtes de fin d'année pour mettre en ligne les textes de nos prochains ouvrages* , sans les illustrations (ndlr), ces textes étant susceptibles d'évolution dans l'édition finale. 

Notre objet est d’éveiller ainsi la curiosité du public, des éditeurs et des mécènes intéressés par nos travaux scientifiques afin qu'ils ne demeurent pas le privilège des seuls historiens de l'art mais qu'ils soient connus du plus grand nombre.

Les sujets ici évoqués, souvent inédits, sont :

- la dynastie des Mansart , travail de recherche de plus de 30 ans. Un ouvrage neuf, complet et inédit  sur l'exemple de l'ouvrage collectif sur les Gabriel sous la direction de Michel Gallet et Yves Bottineau en 1983 (réédition en 2004). Une vision croisée des trois grands Mansart pour mieux comprendre la part d'influence et d'innovation de ceux qui furent parmi les architectes les plus appréciés de leur temps. Biographies et analyses de Pierre Delisle-Mansart et Jean Mansart de Jouy. Fortune critique inédite en fin de texte.

- la cathédrale Saint-Louis de Versailles et son importance dans l’architecture du règne de Louis XV et au XIXe siècle1 (étude pionnière sur l'administration royale des Economats, les entrepreneurs du roi Louis Letellier et Jean Rondel, leurs liens avec les architectes du roi Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne et Louis-François Trouard, le sculpteur-ornemaniste Nicolas Pineau, des pans entiers de l'évolution de la cathédrale aux XIXe et XXe siècles et plein d'autres choses sur les arts aux XVIIIe et XIXe siècles). 

- les château et haras d’Asnières avec leur corollaire sur la famille Voyer d’Argenson, son influence majeure dans le domaine des arts et du cheval au siècle des Lumières2 . Un ouvrage qui révèle des pans méconnus de l'histoire de cette grande commune des Hauts-de-Seine dont le destin et l'évolution aux XVIIe-XIXe siècles restent en grande partie à découvrir.

- le domaine impérial de Biarritz et le développement de la cité balnéaire sous le Second Empire, leurs conséquences sur le développement du sud-ouest de la France à cette époque (redécouvrez l'histoire d'un domaine impérial longtemps négligés des historiens au-delà de la seule Villa Eugénie, trop souvent évoquée, ainsi que la véritable évolution de Biarritz sous le Second Empire, d'après des documents inédits ou mal appréciés). 

- la fabuleuse histoire de l’Hôtel du Palais qui suivit avec son flot d’événements et de personnalités qui firent la réputation internationale de Biarritz aux XIXe et XXe siècles. Vous en rêviez : le voici !

 

Nous saisissons cette occasion pour rappeler qu'en histoire de l’art, comme dans toute discipline, il existe deux catégories de chercheurs :

1°) les sérieux, les travailleurs, ceux qui effectuent leurs propres recherches dans les sources archivistiques et bibliographiques, qui se déplacent, se renseignent, développent leur réflexion et écrivent eux-mêmes leurs articles et ouvrages.

2°) les dilettantes, les mondains, les gens établis qui ne font plus rien ou presque et vivent sur leur réputation, font travailler les autres, s’approprient leurs trouvailles, dénigrent, plagient, escamotent, organisent des comités scientifiques plus ou moins sérieux autour de leur personne, avec amis et connaissances pas toujours concernés par le sujet évoqué, entravent les publications, écrivent à plusieurs mains ou recourent à des "aides" ... Les nombreuses indélicatesses dont nous avons été l'objet ces dernières années de la part de gens bien connus de tous nous conduisent à cette observation pour que cela cesse au plus vite.

Bref, pour ne pas se tromper sur ceux que vous lisez ou découvrez.

Bonne lecture à tous !

 

* Cette mise en ligne vaut publication. Tout emprunt dans une publication quel qu'il soit, non signalé en bonne et due forme, fera l'objet de poursuites.

 

 Bains Napoléon, Grand Hôtel, au fond, à gauche, et Casino Bellevue, à droite, lithographie XIXe       Couverture ouvrage Mansart, Ph. Cachau, à paraître.       Biarritz, Hôtel du Palais, ancienne résidence impériale, cl. Ph. Cachau

                                                   

 

                      Mansart de Sagonne, avant-corps du château d'Asnières, côté jardin, 1750-1752             Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne : Cathédrale Saint-Louis de Versailles, 1742-1754, cl. Ph. Cachau

 

1.Texte révisé et annoté de l’édition de 2009. Préface de Mgr Luc Crépy, évêque de Versailles, décembre 2021.

2.Découvrez nos travaux sur ces fabuleux chantiers et cette superbe famille du siècle des Lumières, engagés depuis la fin des années 1980 (ndlr).

Sous la coupole de l'Institut de France : séance annuelle de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres 2020-2021

Suite à notre publication, au 1er semestre 2020, de la correspondance de Julien-David Le Roy avec le marquis de Voyer dans le Journal des Savants, nous eûmes le privilège d’être conviés par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres à sa séance annuelle 2020-2021, tenue le 26 novembre sous la coupole de l’Institut de France.

Prendre place sous cette magnifique coupole où tant de brillants esprits et de gens illustres ont  siégé, est un plaisir particulier qui vaut la peine d'être vécu au moins une fois dans sa vie, surtout en présence d'aussi grands noms des sciences humaines, Mme Hélène Carrère d'Encausse notamment.

Après le soutien apporté à notre ouvrage sur la cathédrale de Versailles en 2008, c'est la seconde fois que nous fûmes ainsi honorés par une Académie de l'Institut.

 

                       Arrivée dans la cour de l'Institut de France, 26 novembre 2021, cl. Ph. Cachau                      Entrée dans l'amphithéâtre de l'Institut de France. Tombeau du cardinal de Mazarin par Coysevox et Le Hongre à l'arrière-plan, cl. Ph. Cachau

 

Cette séance s’est déroulée avec toute la solennité et le protocole d'usage : entrée des membres de l’Académie en habit vert avec haie d’honneur de la Garde républicaine et roulements de tambours, levée de l’assistance à ce moment.

 

                      Entrée solennelle des membres de l'Académie sous la coupole de l'Institut, 26 novembre 2021, cl. Ph. Cachau                 Entrée des académiciens sous la coupole, 26 novembre 2021, cl. Ph. Cachau

 

La séance fut introduite par le discours de M. Yves-Marie Bercé, président de l’Académie, suivi de la lecture du palmarès des récompenses et prix accordés par M. Henri Lavagne, vice-président, et enfin par l’allocution de M. Michel Zink, secrétaire perpétuel.

D’une durée de deux heures, la séance s’acheva par les interventions successives de trois membres de l’Académie :

-M. Alain Thote sur le thème : « Littérateurs et érudits dans la Chine antique à l’épreuve de l’archéologie ».

-Mme Agnès Rouveret sur le thème : « “Les yeux érudits“ : de la collection des œuvres à la constitution des savoirs dans l’Antiquité ».

-Mme Nicole Bériou sur le thème : « Un penseur érudit au travail : Thomas d’Aquin ».

Interventions d’une vingtaine de minutes environ chaque fois.

 

                                                    Communication de M. Alain Thote. MM. Bercé, Lavagne et Zink, présidents de séance, 26 novembre 2021, cl. Ph. Cachau

 

La séance fut prolongée par la réception d’usage dans la grande salle de l’auditorium André et Liliane Bettencourt.

Ce fut pour nous, bien évidemment, un plaisir immense que d’être présent à cette assemblée annuelle. Nous adressons nos plus chaleureux remerciements à l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres pour son aimable invitation. Elle marque toute l’attention qu’elle a accordé à nos travaux sur le marquis de Voyer et ses liens privilégiés avec Julien-David Le Roy, son conseiller artistique, membre réputé de l’Académie au XVIIIe siècle.

Le plaisir d’assister à cette séance fut pour nous d’autant plus grand que toutes ces dernières années furent marquées par une série de malveillances en tout genre d'un certain microcosme de l'histoire de l'art (plagiats, escamotages, spoliations de nos recherches et publications, désinformation) et autres personnalités en vue. La singularité, l’originalité et l’audace de nos recherches et travaux, souvent inédits, suscitent en effet parfois ce type de réactions déplorables dont nous nous ouvrirons sans doute un jour dans nos mémoires.   

 

                                                     Séance solennelle de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 26 novembre 2021, cl. Ph. Cachau

 

De cette séance du 26 novembre 2021, on retiendra surtout le sentiment rassérénant de stabilité et d'érudition que procurent les Académies de l’Institut de France. Elles sont plus que jamais les gardiennes de la belle et grande tradition française de la culture et du goût du savoir. Comme évoqué en séance, trois mots animent l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres : érudition, curiosité et plaisir.

En ces temps de grandes incertitudes, où tout semble parfois perdu dans ce climat d’inculture et de médiocrité croissantes, d’incompétence et de vulgarité qui nous submergent depuis quelques années, elles sont là, immuables, fidèles à elles-mêmes, survivant aux guerres, aux révolutions, aux modes éphémères et au terrorisme intellectuel de quelques-uns.

 

                                Louis Le Vau, Coupole de l'Institut de France, fin XVIIe, cl. Ph. Cachau                   Ph. Cachau sous la coupole de l'Institut de France, 26 novembre 2021, cl. Ph. Cachau

 

Elles viennent nous rappeler combien elles sont là pour assurer la transmission et la diffusion du génie national, celui qui fait la réputation de notre pays à travers le monde, qu’elles récompensent à travers de nombreux prix remis aux chercheurs.

L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres délivre ainsi chaque année une trentaine de prix - non des moindres - et attribue de nombreuses bourses et subventions. Ajoutons les quelques dix-sept médailles accordées aussi chaque année à titres divers. Elle assure enfin la proclamation des diplômes d’archivistes paléographes à l’issue de la formation de l’Ecole des Chartes.

Bref, un des hauts-lieux de l’excellence française, digne de ce nom, qui mériterait d’être évoqué davantage dans les médias.                                                            

Asnières : le château de Mme de Parabère dévoilé

Le 19 novembre, furent présentés aux Amis du château et du Vieil Asnières, dans le cadre de notre conférence sur le second château d'Asnières (1699-1750), les plans et l'élévation de ce château érigé en 1699 pour l'abbé Antoine-Louis Lemoyne, prêtre docteur en Sorbonne, chapelain de Notre-Dame de Paris et chanoine de la cathédrale d'Evreux.

 

                                                        Le château d'Asnières et son parc, annees 1700

 

Ce fut là un moment privilégié pour plusieurs raisons :

1°) Maintes fois évoquées par les historiens de la Régence et du début du règne de Louis XV, ainsi que dans le beau film de Bertrand Tavernier, Que la fête commence (1975), ce château qui abrita les amours du Régent, Philippe III d'Orléans (1674-1723), et de sa maitresse, la fameuse comtesse de Parabère (1693-1753), demeurait d'une physionomie totalement méconnue jusqu'ici. Elle fut révélée à travers les plans du rez-de-chaussée et du premier étage, du plan général amendé (basse-cour, cour et jardins) et de l'élévation principale côté jardin - valable pour la cour également - que retrouvés par nos soins en début d'année 20211.

2°) L'architecte Jean-François Lepaultre (165?-1703), frère aîné du sculpteur du roi Pierre Lepaultre (1659-1744) et neveu de l'architecte du roi Antoine Lepaultre (1621-1679) était aussi ignoré jusqu'ici des historiens de l'art2. Ce fut pour nous l'occasion d'évoquer cette personnalité totalement méconnue de l'architecture du XVIIe siècle dont le second château d'Asnières constitua l'une des toutes dernières réalisations, la seule attestée en l'état actuel des connaissances. Nous lui rendîmes au passage la reconstruction de l'église à compter de 1703, consacrée en 1711, dont la belle façade classique, conforme à son esprit, demeura en place jusqu'en 1929.

 

                          Jean-Baptiste Santerre, le Regent et Mme de Parabere en Minerve, château de Versailles, vers 1716                      Jean-Baptiste Greuze, Claude-Henri Watelet, Louvre, 1765

 

3°) Cette conférence fut aussi l'occasion d'évoquer la présence d'un certain nombre de personnalités dont et surtout celle du grand collectionneur, auteur et graveur Claude-Henri Watelet (1718-1786), locataire du château dans les années 1740 avant son installation en 1750 sur l'autre flanc de cette boucle de la Seine, à Colombes, au domaine de Moulin Joli. Domaine qui devait contribuer à sa notoriété en matière de conception de jardins, dits "pittoresques" ou anglo-chinois, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Moulin Joli trouve en effet son origine à Asnières. Là, Watelet y réalisa une série d'œuvres - ses toutes premières - qui demeurent à identifier, ainsi qu'un théâtre dans le parc, le premier d'une série de trois au XVIIIe siècle.

4°) Enfin, l'origine de la notoriété du village bucolique d'Asnières fut rappelée par la présence, dès le milieu du XVIIe siècle, d'importants membres de la Maison palatine : Anne de Gonzague de Clèves (1616-1684), duchesse de Mantoue, qui, par son union avec le duc Edouard de Bavière, comte palatin du Rhin (1625-1663), allait donner naissance à une nouvelle branche des Wittelsbach à travers ses filles Louise-Marie, princesse de Salm (1647-1679), Anne-Henriette-Julie, princesse de Bourbon-Condé (1648-1723) et Bénédicte-Henriette, duchesse de Brunswick (1652-1730). Cette dernière, ainsi qu'Anne-Marie de Bourbon-Condé (1675-1700), furent inhumées dans la vaste demeure asnièroise.

Avec son superbe parc à la française, celle-ci constitua, de l'autre côté de la grande place du village, le pendant du château que nous connaissons, autrefois en bordure de Seine. Cette importante propriété mériterait amplement d'être étudiée, ainsi que nous le rappelâmes, notamment, aux étudiantes en 'histoire de l'art de l'université Paris-X Nanterre qui étaient présentes. Cet aspect de l'histoire d'Asnières demeure, en effet, encore largement ignoré.

 

                      Jean-François Le Paultre, projet de modification de la cour et de la basse-cour, 1698.               Jean-François Le Paultre, projet de modification des jardins, détail, 1698.

 

La révélation du plan de ce second château au rez-de-chaussée nous permit de conforter l'attribution, publiée en 2013, de la salle à manger du château actuel à Charles De Wailly en 1754-1755, attribution qui nous fut longtemps contestée par le conseiller scientifique de MM. Hervé Baptiste et Frédéric Didier, architectes des Monuments Historiques successifs en charge du château3. Cette salle à manger n'apparait pas sur le plan et ce d'autant moins que le château actuel fut entièrement rebâti à l'emplacement du précédent.

L'intégralité des plans et l'élévation feront l'objet d'une prochaine publication.

 

Notes

1.Nous remercions Alexandre Cojannot, conservateur aux Archives Nationales, de son aimable contribution à ces reproductions. Elles seront reproduites dans un prochain bulletin des Amis du château.

2. Tous ces artistes signent leur nom sous cette orthographe et sous cette forme.

2.On lui doit l'erreur d'interprétation du buste du roi Louis XV sous le vase de fleurs de l'avant-corps central au lieu et place du monogramme de Voyer d'Argenson, ainsi que la couleur grise des boiseries de la galerie au lieu de la couleur vert d'eau, réchampie vert foncée, conservée derrière un des volets. Sur cette salle à manger, voir nos articles : "Le «goût de la bâtisse» du marquis de Voyer",  Journée d'histoire du château des Ormes, annales 2013, p. 30 ;  "Le mécénat du marquis de Voyer au château et aux haras d'Asnières-sur-Seine : enjeux politiques et culturels (1750-1755)", Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français, année 2013, 2017, p. 139-171.

Alexis de Tocqueville : de Versailles à la Touraine

On ne présente plus Alexis de Tocqueville (1805-1859), de son vrai nom Alexis-Henri-Charles Clérel, comte de Tocqueville, chantre de la démocratie américaine. Le début de sa carrière fut marquée par sa nomination, en 1827 en tant que juge auditeur au Tribunal royal de Versailles. Son père était alors préfet de Seine-et-Oise.

Cette nomination lui valut de faire la connaissance de Gustave Bonnin de La Bonninière de Beaumont, dit Gustave de Beaumont (1802-1866), désigné l'année précente (22 février 1826), procureur du roi au tribunal de première instance. Beaumont restera à Versailles jusqu'à sa nomination à celui de Paris, le 27 septembre 1829.

Les deux hommes, qui étaient de la même génération et pétris des mêmes idées, se lièrent d'une amitié indéfectible dans la cité royale. Beaumont hébergea ainsi son ami au 66 rue d'Anjou où il disposait d'un appartement. Une plaque commémorative rappelle la présence de Tocqueville à cet endroit, de 1828 à 1832*. Il nous est sensible à plusieurs titres : non seulement en tant qu'enfant du quartier Saint-Louis de Versailles, mais aussi en tant qu'ex-voisin du lieu durant deux décennies et enfin en tant qu'auteur d'un ouvrage sur la famille de Beaumont et son fief tourangeau en 2019**.

                    Logement de Tocqueville à Versailles, 66 rue d'Anjou, cl. Ph. Cachau                    Plaque du 66 rue d'Anjou à Versailles, cl. Ph. Cachau

En 1830, suite à leur démarche auprès du garde des Sceaux, Tocqueville et Beaumont obtinrent du gouvernement un congé de dix-huit mois afin de se rendre aux Etats-Unis pour étudier le système pénitentiaire américain, aux conceptions révolutionnaires alors en termes de gestion des détenus. En avril 1831, les deux hommes embarquèrent au Havre en direction de New York. Ce séjour, qui s'étendit jusqu'en janvier 1832, valut aux deux amis la sortie d'ouvrages majeurs pour le XIXe siècle, à savoir : pour Gustave de Beaumont, Du système pénitentiaire aux Etats-Unis (1833) en collaboration avec Tocqueville et Marie ou de l'esclavage aux Etats-Unis (1835), première grande dénonciation de la situation des Noirs américains. Enfin, pour Tocqueville, l'ouvrage en deux tomes, De la démocratie en Amérique (t. I, 1835 ; t.II, 1840), "best-seller" de la littérature française et européenne. Les deux hommes se livreront ensuite à une carrière politique sur les bancs de l'Assemblée en tant que députés.

                    Les Trésorières à Saint-Cyr-sur-Loire, XVIIIe-XIXe siècles, cl. Ph. Cachau                           Théodore Chasseriau, Alexis de Tocqueville (1805-1859), 1850, Château de Versailles

En 1853, Tocqueville éprouvant le besoin de passer l’été et l’hiver en province - le Second Empire n'était pas sa tasse de thé ! -, son ami Gustave de Beaumont lui trouva une demeure, Les Trésorières à Saint-Cyr-sur-Loire, en périphérie de Tours. Il y séjourna de juin 1853 à mai 1854. Ceci lui permit d'entreprendre des recherches aux Archives départementales d’Indre-et-Loire pour servir son essai, L'Ancien Régime et la Révolution (Paris,1856). Tocqueville décédera cinq ans plus tard à Cannes.

                         Gustave de Beaumont (1802-1866)                                Ouvrage Beaumont-la-Ronce 2019

Cette présence d'Alexis de Tocqueville à Saint-Cyr-sur-Loire, dans la région de la famille de Beaumont, lui vaut aujourd'hui son portrait sur un rond point très fréquenté de la ville. On regrettera que Gustave de Beaumont, issu d'une des plus vieilles familles tourangelles et ce depuis le Moyen Age, né à quelques kilomètres de là, à Beaumont-la-Ronce, n'ait pu disposé de semblable faveur près de lui, son oeuvre littéraire - certes quelque peu oublié aujourd'hui - ayant été au moins aussi important. Espérons que ce regrettable oubli saura être réparé par la municipalité.

* 1831 nous semble plus exact, Tocqueville étant en Amérique en 1831-1832 et à Paris ensuite.

**Ouvrage disponible sur demande (12 euros + frais de port).

Emmerveillez-vous au Garde-Meuble de la Couronne !

Si vous êtes férus du XVIIIe siècle, vous serez comblés !

Courrez vous replonger dans cette époque d'un raffinement extrême en visitant les splendides appartements privés des directeurs du Garde-Meuble de la Couronne, devenu hôtel de la Marine à la fin du XVIIIe siècle.

Au-delà du Siècle des Lumières, vous vous laisserez séduire par le luxe inouï des grandes salles XIXe sur la place de la Concorde, ainsi que par celui du café-restaurant La Pérouse dans la grande cour, nouveau lieu tendance de la capitale.

Vous aurez un avant-goût de ce qui vous attend en vous plongeant dans notre album photos.

N'hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir comme toutes celles de ce blog.

Bonne visite !

 

       Galeries en enfilade sur la grande cour vers le grand escalier, cl. Ph. Cachau

Frissonnez au château de Jossigny (Seine-et-Marne)

Donnez-vous des frissons au château de Jossigny, charmant château du XVIIIe siècle de style rocaille que nous avons rendu à Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne dans les années 2000 et 2010*.

Il est toujours heureux de voir ses travaux scientifiques exploités à destination du public et à des fins ludiques. C'est ce qu'a réalisé la jeune équipe de DeathScape Story Games, réunie par Pierre Wagner et Pascal Barbe, jeune équipe talentueuse, à l'imagination débordante. Vous pourrez en juger à travers la présentation en lien ci-dessous.

L'ouverture de ce jeu à sensations au sein du château s'est déroulée avec grand succès, les 3 et 4 juillet derniers.

Le jeu se tient tous les week-ends de l'année jusqu'à la saison 2022 (au moins).

Félicitations aux Centre des Monuments nationaux, à la Conservation de Champs-sur-Marne et à l'équipe de DeathScape Story Games pour ce projet novateur d'animation du patrimoine.

https://www.chateausanglant-escapegame.fr

https://www.crazyradio.fr/2021/07/marne-et-gondoire-frissonnez-au-chateau-sanglant-de-jossigny

 

    Château de Jossigny, côté jardin, 1753, cl. Ph. Cachau

*Rendu dans notre thèse soutenie en 2004 et dans les articles publiés en 2011 et 2012 dans les Cahiers de l'histoire de l'art (voir Articles).

Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne et la Bourgogne au XVIIIe siècle

Découvrez dans cette publication* pour la Revue Dijon Histoire et Patrimoine, n° 81, 2021, les circonstances particulières de la nomination de Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne à la tête des bâtiments des Etats de Bourgoigne suite à la mort de Jacques V Gabriel en avril 1742. Ou comment, en échange de l'abandon de la place de Premier Architecte du roi au profit d'Ange-Jacques Gabriel, Mansart de Sagonne parvint à obtenir la fonction de "Premier architecte des Etats de Bourgogne" et la commande royale de l'église Saint-Louis de Versailles.

Cet article rappelle également comment l'architecte et ingénieur du roi contribua à relancer en 1763 le projet du canal de Bourgogne, abandonné depuis 1752, avant qu'il ne soit confié par Louis XV à Jean-Rodolphe Perronet et Antoine de Chézy en 1764.

L'article fait également allusion au projet de rénovation de la chartreuse de Lugny au milieu des années 1740 en collaboration avec Nicolas Pineau, ornemaniste attitré de Mansart de Sagonne.

En résumé, un aperçu général de la situation architecturale de la Bourgogne au milieu du XVIIIe siècle, sujet en déshérence depuis quelques temps.

Prix de la revue : 6 €

Disponible sur demande à : dijonhistoireetpatrimoine@gmail.com

*article faisant suite à la conférence donnée en juin 2019 à Dijon.

 

        Revue Dijon Histoire et Patrimoine 2021

Les patrimoines post-Renaissance de Touraine sont sur Facebook !

La Touraine est l’une des provinces de France la plus riche en patrimoine. Plusieurs centaines de sites sont protégés, inscrits ou classés, pour ce seul département, soit presqu’autant que certaines régions françaises !

Ce patrimoine est trop souvent réduit à celui de la seule Renaissance et particulièrement aux grands châteaux du Val-de-Loire classés Unesco.

 

                                                    Pierre Meusnier, Chartreuse du Liget, milieu XVIIIe, cl. Ph. Cachau

 

Découvrez à travers la page Facebook Patrimoines de Touraine la diversité de ce magnifique patrimoine, du XVIIe au XXe siècle, souvent ignorés.

Cette page entend contribuer à une plus large connaissance du patrimoine de Touraine au-delà de la seule Renaissance, à sa protection et à son étude. Elle entend participer aussi à une plus large diffusion du tourisme sur l'ensemble du département d'Indre-et-Loire dans ses parties nord et sud qui demeurent éloignées des grands flux du Val-de-Loire. Une répartition plus équitable du tourisme accroîtra ainsi les potentialités de ces territoires.                                                                                             

Sont présentés actuellement parmi les plus beaux et les plus intéressants sites des XVIIe-XVIIIe siècles, qu’il s’agisse d’émouvants vestiges ou de bâtiments demeurés jusqu’à nous. Ceux qui souhaitent séjourner plus longuement trouverons, non loin de là, des lieux d’hébergement des plus séduisants.

Bonne découverte à tous !

 

                  Guillaume de La Tremblaye, abbaye mauriste de Bourgueil, XVIIIe siècle, cl. Ph. Cachau             Château de Restigné, XVIIIe siècle, cl. Ph. Cachau

Corpus essonien, le nouveau site de référence du patrimoine de l'Essonne

Corpus essonnien est le nouveau site de référence de la Société historique et archéologique de l'Essonne. Encore en gestation, vous y trouverez progressivement toutes les publications et études relatives à son histoire et à son patrimoine. Tous les historiens et auteurs ayant écrit sur ce grand département d'Ile-de-France y seront peu à peu recensés.

http://www.corpusessonnien.fr./doku.php

Ce site vient compléter utilement celui bien connu sur Etampes et ses environs : corpusetampois.

Tous nos travaux sur l'Essonne se trouvent ici.

On ne peut qu'encourager la création de telle base de données dans chaque département. Elle facilite grandement le travail bibliographique des historiens et étudiants.

Bonne découverte à tous !  

Restauration de la cathédrale Saint-Louis de Versailles 2021

La cathédrale Saint-Louis de Versailles est l’un des édifices religieux majeurs du règne de Louis XV au même titre que les églises Saint-Sulpice ou Sainte-Geneviève (actuel Panthéon) à Paris1.

 

                                             La cathédrale Saint-Louis depuis le Potager du Roi, cl. Ph. Cachau

 

Depuis le mois de mars 2021, la cathédrale fait l’objet d’une grande campagne de restauration extérieure. Cela faisait une vingtaine d’années que l’on n’était plus intervenu aussi massivement sur l’édifice : les dernières restaurations en la matière datent en effet du début des années 2000. Elles faisaient suite alors aux dégâts causées par la tempête de décembre 1999.

La présente campagne a pour objet :

1°) le ravalement de la façade principale et des deux tours latérales.

2°) la restauration des trois portes de la façade.

3°) la réfection du vitrail central en façade avec remplacement des fers dégradés de l'armature, des verres abimés et une consolidation des plombs.

4°) la révision générale de la couverture des tours latérales (ardoises, plomb et étanchéité au droit des corniches).

5°) la mise en place d’un dispositif destiné à protéger durablement la pierre des déjections des volatiles2.

On regrettera dans ce beau programme, l’absence de la mise en dorure des plombs extérieurs (bulbes des tours latérales, flèche du dôme3 et couverture de la chapelle axiale de la Vierge), lesquels pourront faire l’objet d’une prochaine campagne d’intervention. Ainsi réhabilités, ils feraient un bel écho aux plombs dorés de la chapelle royale récemment dégagée.

 

           Plombs des tours latérales autrefois dorés, cl. Ph. Cachau          La chapelle royale de Versailles en 2021, cl. Ph. Cachau

 

On ne peut qu’encourager une telle initiative afin de redonner à la cathédrale de Versailles et, plus largement aux églises de la cité royale, leur splendeur initiale. Ceci contribuerait à leur réhabilitation dans l’esprit des visiteurs de la ville et chez les historiens et historiens d’art. Rappelons que Versailles était alors la capitale administrative de la France, pays le plus peuplé et le plus puissant d’Europe. L’église Notre-Dame, église primitive de la cité nouvelle de Louis XIV, avait aussi ses plombs dorés comme nous l’avons rappelé en 2009, d’après un dessin retrouvé aux Archives nationales4.

 

              Plombs dorés des tours latérales de Notre-Dame de Versailles,  détail,  Jules Hardouin-Mansart (agence),1684, Archives nationales                    Plombs autrefois dorés de la flèche et de la chapelle de la Vierge, cl. Ph. Cachau

 

Les armes de France du blason royal ailé sur le fronton principal pourront aussi être rétablies durant cette campagne à l’instar d’autres édifices de la ville (église Notre-Dame, Bibliothèque municipale, ex-ministère des Affaires étrangères), blason ainsi visible sur la place Vendôme à Paris.

 

           Jules Hardouin-Mansart, fronton de la place Vendôme, blason ailé à fleurs de lys, détail, cl. Ph. Cachau           Notre-Dame de Versailles, tours et fronton aux armes royales, cl. Ph. Cachau

 

                                 Fronton principal de Saint-Louis de Versailles, blason royal ailé avec lys de France disparus, cl. Ph. Cachau

 

1.Voir notre ouvrage publié en 2009 aux éditions Somogy. Ce bel édifice ne suscite, curieusement, pas autant d’intérêt médiatique que le Potager du roi voisin. Il contient pourtant parmi les chefs-d’œuvre de la peinture des XVIIIe et XIXe siècles et abrite l’une des plus belles charpentes de France.

2.Précisions aimablement communiquées par la Conservation régionale des Monuments historiques Ile-de-France.

3.La dorure de la flèche fut timidement engagée au début des années 2000. Rappelons que, sous l’Ancien Régime, il n’était pas concevable de laisser ainsi le plomb d’un édifice royal, surtout lorsqu'il est aussi visible depuis la terrasse de l’Orangerie du château. La remise en dorure des bulbes redonnerait au lieu le prestige qui lui fait actuellement défaut.

4.Réflexions engagées suite à nos échanges avec Gérald Van Der Kemp en 1991.